jeudi 17 janvier 2019

Pensez-vous que c'est un Marocain qui a cassé le nez du Sphinx de Gizeh ?
Je n'arrive pas à le croire, mais je vais faire mon enquête.
A l'école (publique) en Egypte, ils leurs disent que Napoléon voulait détruire toute l'Egypte, mais il n'a réussi à détruire que le nez du sphinx.
Le récit qui voudrait que ce soit Napoléon qui ait mutilé le sphinx, en ordonnant à ses canons de le prendre pour cible, lors de la campagne d'Egypte, relève uniquement de la légende.
Voici une gravure du Danois Frédéric Louis Norden (1708- 1742) qui fit un voyage en Egypte en 1737-38 bien avant la naissance de Napoléon (1769-1821) et qui prouve que le Sphinx était déjà abîmé lorsque Napoléon est arrivé en Egypte, cela disculpe les artilleurs de Napoléon Bonaparte.
Cette fois-ci, je ne vais pas suivre le conseil de l'empereur, qui avait dit un jour: "N'interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur".
Alors comment ce nez fut-il cassé ?
Johann Michael Wansleben qui a visité l’Égypte en mars 1672, raconte dans son livre "Nouvelle relation en forme de journal, d'un voyage fait en Egypte" qu'il a entendu dire que c'est un cheikh soufi Maghrébin qui a cassé le nez du Sphinx. A la lecture de cet adjectif "Maghrébin" je me suis dit voilà, nous y sommes, et j'ai commencé à me dire calme toi Youness, le Maghreb c'est grand, il y a la possibilité qu'il ne soit pas Marocain.
j'ai lu plusieurs dizaines d'articles qui traitent du sujet et ils parlent tous d'un Cheik Fatimide du nom de Sa’im Al-Dahr et que c'est lui qui a cassé le nez du Sphinx (Aba Al Hawl)
L'adjectif Fatimide a allumé une ampoule rouge dans ma tête, sachant que les Fatimides ont vécu au Maroc, je me suis dit: Bon ce n'est pas grave, je vais seulement mourir de honte pour mon pays.
Il a fallu que je trouve qui est le premier historien qui a parlé de ce Sa’im Al-Dahr (محمد صائم الدهر), ce fut Ahmed El Makrizi, un historien égyptien né en 1364 au Caire et il était aussi un contemporain de Sa’im Al-Dahr.
A ce moment-là, je me suis rappelé qu'Ibn Khaldoune est mort en 1406 au Caire, donc il était lui aussi contemporain de Makrizi, alors pourquoi il n'a jamais parlé de ce "soufi Maghrébin Fatimide" ?
Ibn Khaldoune est arrivé en Egypte en 1384, Sa’im Al-Dahr est mort en 1379, donc Ibn Khaldoune n'a pas assisté à la destruction du Sphinx.
L'historien Ahmed El Makrizi raconte dans son livre "Description topographique et Historique de l'Égypte", ( المواعظ والاعتبار بذكر الخطط والآثار). "La face du Sphinx fut endommagée en 1378 par Mohammed Sa'im al-Dahr, un "soufi fanatique appartenant au couvent de cet ordre le plus ancien et le plus respecté du Caire, les habitants des environs furent tellement contrariés par la destruction qu'ils le lynchèrent et l'enterrèrent près du célèbre monument qu'il avait endommagé".
Voici le texte en arabe:
أن سبب كسر الأنف والتشويه الذي يظهر في وجه أبو الهول يرجع إلي تخريب شخص متعصب يسمي محمد صائم الدهر ، دعا في نحو عام 780 هجريا الموافق 1378 ميلادية إلي تغيير المنكرات وسار إلى الأهرام وشوّه وجه أبي الهول , فهو علي ذلك إلي اليوم " )
Le nez et oreilles sont spécifiquement mentionnés, comme ayant été endommagés à cette époque.
Le nez manquant si célèbre de ce Sphinx de 73 mètres serait l’oeuvre de Mohammed Sa’im al-Dahr qui le détruisit en 1378 car cette immense statue représentait une dévotion païenne insupportable pour ce fanatique iconoclaste.
A noter qu'à cette époque, seule la tête du sphinx dépassait du sable, le reste étant immergé.
Alors, est-il Marocain ou pas ?
Les Fatimides sont des chiites, en 1171, Saladin annexera l'Egypte au califat de Bagdad, la rendant ainsi au sunnisme, l'attribut Fatimide dans les articles des journalistes Égyptiens "sunnites" sonne comme une injure au chiisme.
Ils disent aussi que c'est un soufi, jamais un soufi n'aurait commis un acte de vandalisme, le soufisme est un courant tolérant et libéral, il apporte une dimension poétique et mystique à la religion musulmane.
Quant à Johann Michael Wansleben qui a parlé de Maghrébin, je le remercie, parce que sans lui, je n'aurai jamais fait toutes ces recherches.
Quand à Sa’im al-Dahr, qui veut dire en français "celui qui jeûne toujours", je ne pense pas que c'est son vrai nom, mais si c'est le cas, dites lui d’arrêter de jeûner, cela ne lui va pas bien.
Sur les anciennes portes des maisons de la médina, il y avait presque toujours deux heurtoirs, (qu'on appelle communément marteaux de la porte) un petit et un grand, si vous heurtez le petit contre la porte, c'est la maîtresse de maison qui va venir ouvrir, et si vous utilisez le grand marteau, cela veut dire que vous désirez à ce qu'un homme vous ouvre la porte.
Et assez souvent, on place un bouquet de fleurs devant la porte pour signifier aux passants ou aux marchands ambulant qu'il y a un malade dans la maison et qu'il ne faut pas émettre de hautes voix.
Ibn Ruchd al-Jadd, fut l'une des figures les plus importantes de la jurisprudence malékite, il fut surnommé Al Jadd (le grand-père) afin d'être distingué de son petit-fils Averroès.
En 1121 Ibn Ruchd al-Jadd a promulgué une fatwa interdisant le Haj pour les Marocains et les Andalous à cause du grand danger auquel ils étaient exposés sur la route de la Mecque, il y avait des bandits qui les agressèrent et en mer les pirates les capturèrent.
Cet état de fait a duré presque un siècle et un grand nombre d'oulémas Marocains et Andalous n'ont jamais fait le pèlerinage, en l’occurrence Cadi Ayyad, Ibn Tofayl, Ibn Hazm, Averroès etc...
En lisant la littérature marocaine et andalouse de cette époque, on pourrait se rendre compte de cette perceptible douleur qui a tourmenté un nombre considérable de musulmans.
Le poète soufi Abou El Hassan El Chouchtari, qui a fini par faire le pèlerinage, a exprimé ce chagrin dans ce magnifique poème:
ساكن وسط قلبي..حبه ياكرام
حبك يامحمد حرمني المنام
حرمني منامي ودمعي يسيل
وشوقي دعاني وجسمي نحيل
داوي القلب يبرى لأنه عليل
داوي القلب يبرى ياخير الانام
حبك يامحمد حرمني المنام.
Je vois que tout le monde est choqué par cet acte infâme, mais le corpus de référence qui a conduit à cet acte ne choque personne.
Mohammed Arkoun avait dit que le culte sans culture mène à l’extrémisme. 
Notre société est sous l'égide du mensonge et de la manipulation par le processus éducationnel, ils ont lâché leur idéologie à travers notre système scolaire notamment, et cela a causé une léthargie et une hébétude intellectuelle.
Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères, sinon, leur fausse perception et leur abdication de la raison les feront tomber de Charybde en Scylla.
Je ne cesserai jamais de répéter la phrase d'Ibn Arabi: l’amour est ma croyance où que s’orientent ses convois, l’amour est ma religion et ma foi.
Les origines de la circoncision

A la fin de la préhistoire, la femme avait un rôle prépondérant, elle aurait tenu une grande place et revêtu une dimension sacrée. Tout tournait autour d'elle, elle ceignait le tout, elle était rassembleuse de communauté, de famille et donneuse de vie.
Cette sacralité consistait essentiellement en une vénération de la Terre, de la fertilité et de la fécondité ce qui a donné naissance à des déesses mères comme Isis en Egypte (24ème siècle avant J.C).
Isis est la déesse bienfaitrice de l'Égypte, une divinité aux pouvoirs démiurges.
Seules les femmes pouvaient accéder à son temple.
Pour que l'homme soit digne de sacralité, il fallait qu'il se débarrasse de sa masculinité, qu'il se castre pour devenir eunuque. Cela lui donnait le droit d’accéder au temple afin de servir la déesse.
Cependant, s'il opte seulement pour une purification, il doit se circoncire. C'est pour cela qu'on appelle la circoncision en arabe " الطهارة".
Avec plusieurs prépuces on façonnait des colliers pour embellir le cou de la déesse Isis.
Par un mélange d'influences, la pratique de la circoncision est adoptée par la communauté juive avec un processus qu'on appelle syncrétisme.
C'est au huitième jour du bébé qu'a eu lieu le rituel de la circoncision chez les Juifs. Cette marque physique de l’enfant symbolise le signe de l’Alliance biblique conclu entre Dieu et la descendance d’Abraham. (Genèse 17,10-11)
Les Arabes pratiqué la circoncision bien avant l'islam, parce qu'ils sont les descendants d'Abraham par Ismaël. Quant aux musulmans, ils sont dans l'obligation de suivre les préceptes du Coran.
La circoncision n’étant pas demandée par le Coran, elle ne bénéficie pas d’un statut en Islam, contrairement au judaïsme.
La tradition musulmane encourage très vivement la circoncision, parce que dans la sourate El nahl (23) le Coran dit: «Suis la religion d'Abraham qui était voué exclusivement à Allah et n'était point du nombre des associateurs ».
ثُمَّ أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ أَنِ اتَّبِعْ مِلَّةَ إِبْرَاهِيمَ حَنِيفًا ۖ وَمَا كَانَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ.
Rappelons d'une part que lorsque Abraham a reçu l'ordre par Dieu de circoncire tous les mâles de sa maison, y compris les esclaves, son fils Ismaël était alors âgé de 13 ans. C'est pourquoi la circoncision chez les musulmans ne se fait pas le huitième jour après la naissance comme chez les Juifs, elle est aléatoire.
Seuls les musulmans sénégalais circoncisent leurs enfants à l'âge de 13 ans.
D'autre part, il y a des savants musulmans qui sont contre cette pratique de la circoncision. Ils arborent la sourate El Roum (30) qui dit: pas de changement dans la création de Dieu.
لَا تَبْدِيلَ لِخَلْقِ اللَّهِ ۚ.
En attendant que les théologiens musulmans se mettent d'accord, nous, on n'a pas fini de chercher le petit oiseau dans le ciel.
Seul contre les mongoles

La devise de Gengis Khan était : «un seul soleil au Ciel, un seul souverain sur terre». Quand son armée a attaqué le Khorassan en 1221, seul un grand maître soufi est sorti à leur rencontre. Cela a fait beaucoup rire Gengis Khan en voyant que l'armée musulmane était composée d'un seul homme.
Par contre, il avait de l'admiration pour le courage de cet homme qui s'appelait Najm Eddine Qobra.
Le grand Najm Eddine muni de pierres, s'est jeté sur l'armée Mongole et il fut tuer par une pluie de flèches.
Ce grand soufi était surnommé (faiseur de saints), parce qu'il avait plusieurs disciples, entre autres Baha'eddine Walad (le père de Jalal Eddine Rumi) et aussi Saif eddine Bakharzi.
Dans un des poèmes qui relate son héroïsme, Jalal Eddine Rumi raconte qu'il a fallu couper la natte de cheveux d'un mongole pour le libérer des mains de Najm Eddine.
A ce moment-là, les mongoles ne savaient pas qu'ils ont déjà perdu la guerre contre les musulmans, parce que quelques années plus tard, la majorité des petits-fils de Gensis Khan vont se convertir à l'islam grâce à Saif Eddine Bakharzi, le disciple de Qobra.
Dans son livre, les éclosions de la beauté et les parfums de la majesté (Fawateh al-jamal wa Fawaeh al-jalal), Najm Eddine Qobra dit: « L’amour appartient au cœur, tandis que l’amour fervent appartient à l’esprit.»
Aujourd'hui, je rends hommage à ce glorieux personnage, qui a vaincu à lui seul toute l'armée Mongole, puisque grâce à ses disciples, les Mongoles se sont converti à l'islam. Et cela a mis fin à cette guerre meurtrière qui a causé la mort d'environ 40 millions de personnes, ce qui représentait à l’époque près de 17% de l’humanité.

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